Face à un coût de plus de 12 milliards d'euros lié aux arrêts maladie en 2025, le gouvernement propose un « bouton » pour prévenir les abus d'absentéisme. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, plaide pour un dispositif axé sur l'accompagnement des salariés en souffrance.
Un plan gouvernemental pour limiter l'absentéisme
Le gouvernement français a récemment annoncé un plan visant à réduire l'absentéisme en entreprise, un phénomène qui pèse lourdement sur l'économie nationale. En 2025, les arrêts maladie ont coûté plus de 12 milliards d'euros, un chiffre alarmant qui pousse les autorités à agir. L'une des mesures phares du dispositif est l'instauration d'un « bouton » au sein des entreprises, destiné à signaler et prévenir les abus d'absentéisme parmi les salariés.
Marylise Léon : une critique centrée sur les vraies causes
Invitée sur le plateau de TF1, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a exprimé son scepticisme quant à l'efficacité de cette mesure. Selon elle, le gouvernement ne s'attaque pas aux causes profondes des arrêts de travail, en focalisant uniquement sur la gestion des abus. Pour Marylise Léon, il est essentiel de mettre en place un « bouton » destiné aux salariés eux-mêmes, afin de détecter et accompagner ceux qui sont en souffrance au travail.
Elle souligne que de nombreux arrêts maladies sont liés à des facteurs psychosociaux, tels que le stress, le harcèlement ou des conditions de travail dégradées. Plutôt que de punir les salariés, il faudrait renforcer les dispositifs d'écoute et de soutien pour prévenir les situations de détresse avant qu'elles n'entraînent un arrêt prolongé.
Les limites de la mesure gouvernementale
Le concept d'un « bouton » pour signaler les abus soulève plusieurs interrogations :
- La stigmatisation des salariés : Cette mesure pourrait alimenter une suspicion généralisée à l'encontre des personnes en arrêt, créant un climat de défiance au sein des entreprises.
- La complexité des arrêts maladie : Tous les arrêts ne sont pas liés à des abus, beaucoup résultent de véritables problèmes de santé, physiques ou mentaux.
- La prévention insuffisante : En se concentrant sur la détection des abus, le dispositif ne propose pas de solutions pour améliorer les conditions de travail, qui sont souvent à l'origine des arrêts.
Vers un accompagnement renforcé des salariés
Marylise Léon préconise une approche plus humaine et globale. Pour elle, il est urgent de développer des outils permettant aux salariés en difficulté de se faire entendre et de bénéficier d'un accompagnement adapté. Cela pourrait passer par :
- La mise en place de cellules d'écoute et de soutien psychologique au sein des entreprises.
- Le renforcement des formations des managers pour détecter les signaux de souffrance.
- L'amélioration des conditions de travail pour prévenir le mal-être.
Elle rappelle que la santé au travail est un enjeu majeur pour la société, qui nécessite des réponses à la hauteur des défis rencontrés par les travailleurs.
Un débat à poursuivre
Alors que le gouvernement insiste sur la nécessité de réduire le coût économique de l'absentéisme, la position de la CFDT invite à un débat plus large sur la qualité de vie au travail et la prévention des risques psychosociaux. Trouver un équilibre entre contrôle et accompagnement reste une priorité pour éviter que les mesures prises n'aient des effets contre-productifs.
En conclusion, la réflexion sur les arrêts maladie doit dépasser la simple lutte contre les abus pour intégrer une meilleure compréhension des causes sous-jacentes. La réussite d'une politique efficace passe inévitablement par la prise en compte de la souffrance au travail et la mise en place de dispositifs de soutien adaptés.
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