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Addictions France demande l’interdiction des publicités d’alcool sur les réseaux sociaux

L’association Addictions France alerte ce jeudi 5 novembre sur la multiplication de contenus publicitaires d’alcool sur les réseaux, notamment des recettes de mixologie, des quiz et des jeux‑concours viraux. Elle réclame une interdiction totale de la publicité des liqueurs en ligne, jugeant ces formats trop engageants et insuffisamment régulés.

MR
journalist·jeudi 5 novembre 2026 à 08:315 min
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Ce jeudi 5 novembre, l’association Addictions France a lancé un appel public pour interdire la publicité des liqueurs sur Internet, dénonçant une stratégie de communication qui exploite les formats interactifs des réseaux sociaux pour toucher les jeunes consommateurs. Selon le communiqué de l’association, les marques d’alcool diffusent des recettes de mixologie, des quiz et des jeux‑concours viraux qui « maximisent l’engagement sans éveiller les soupçons », rendant la promotion difficile à détecter et à réguler. Cette prise de position intervient alors que les autorités françaises revoient la pertinence du cadre juridique actuel appliqué aux contenus sponsorisés en ligne.

Publicités de mixologie et jeux‑concours sur les réseaux sociaux

Les campagnes observées se caractérisent par l’utilisation de formats immersifs, notamment des vidéos courtes présentant des recettes de cocktails à base de liqueurs, accompagnées de défis interactifs où les utilisateurs sont invités à partager leurs propres créations. L’association indique que ces contenus sont souvent masqués sous le label « contenu sponsorisé » sans indication claire de la présence d’une publicité, ce qui complique la tâche des contrôleurs. En outre, les quiz et jeux‑concours sont diffusés via des stories et des reels, favorisant un taux d’interaction élevé et une visibilité accrue auprès d’un public jeune, souvent mineur.

Outre la dimension ludique, ces formats s’appuient sur des algorithmes de recommandation qui ciblent les utilisateurs en fonction de leurs centres d’intérêt, renforçant l’exposition répétée à l’image de marques d’alcool. Selon les informations fournies, les publications sont souvent accompagnées de hashtags populaires, augmentant leur portée organique et leur visibilité au-delà des audiences déjà ciblées. Cette stratégie de « maximisation de l’engagement » permet aux marques d’obtenir un retour sur investissement important tout en contournant les restrictions publicitaires classiques appliquées aux médias traditionnels.

Face à cette évolution, Addictions France souligne l’insuffisance des dispositifs de contrôle actuels, qui ne permettent pas de distinguer clairement les contenus promotionnels des contenus éditoriaux. L’association rappelle que la loi française interdit la publicité directe d’alcool à la télévision et dans la presse écrite, mais que le numérique reste un terrain d’expérimentation où les règles sont encore floues. Elle appelle donc à une mise à jour législative afin d’intégrer les spécificités des réseaux sociaux dans le champ d’application de la réglementation.

Cadre réglementaire de la publicité d’alcool en France

Le Code de la santé publique encadre strictement la promotion de l’alcool sur les supports classiques, interdisant toute incitation à la consommation et imposant des mentions d’avertissement. Toutefois, la législation actuelle ne prévoit pas de dispositions spécifiques pour les contenus diffusés sur les plateformes numériques, où les formats évoluent rapidement. Selon les sources, les autorités de régulation, dont l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), ont émis des recommandations, mais celles‑ci restent volontaires et n’ont pas force de loi.

Dans ce contexte, le gouvernement a lancé, au cours des derniers mois, une consultation publique visant à moderniser la réglementation publicitaire à l’ère du numérique. Les débats portent notamment sur la définition du « contenu sponsorisé », la transparence des liens entre marques et influenceurs, ainsi que les mécanismes de contrôle automatisés. Addictions France insiste sur le fait que toute réforme doit intégrer une interdiction explicite des publicités pour les liqueurs, catégorie de boissons souvent associée à des consommations à forte teneur en alcool.

Par ailleurs, l’Union européenne travaille sur une directive visant à harmoniser les règles relatives à la publicité d’alcool en ligne, mais les négociations restent en cours. En attendant, la France se trouve dans une position où les pratiques observées sur les réseaux sociaux échappent largement aux sanctions nationales, créant un vide juridique que l’association juge inacceptable au regard de la protection de la santé publique.

Déclarations d’Addictions France et perspectives d’action

Dans son communiqué, Addictions France a déclaré que l’exposition massive à ces contenus « représente un risque réel de normalisation de la consommation d’alcool chez les jeunes, en particulier les adolescents qui constituent une part importante des utilisateurs des réseaux sociaux ». L’association a demandé au ministère de la Santé de prendre rapidement les mesures nécessaires pour interdire la publicité des liqueurs sur Internet, en s’appuyant sur les pouvoirs déjà existants en matière de santé publique.

En complément de la demande législative, l’organisation propose la mise en place d’un dispositif de surveillance numérique, confié à un organisme indépendant, capable de détecter et de signaler les contenus non conformes. Elle suggère également l’obligation pour les plateformes de mettre en place des filtres automatisés et de garantir la visibilité des mentions d’avertissement sur chaque publication sponsorisée. Selon les informations disponibles, ces mesures viseraient à réduire l’impact des campagnes publicitaires sur les comportements de consommation.

Enfin, Addictions France a indiqué qu’elle poursuivra son action de sensibilisation auprès du grand public, en diffusant des campagnes d’information sur les risques liés à la consommation d’alcool et en encourageant les parents à surveiller l’usage des réseaux sociaux par leurs enfants. La prochaine étape consistera, selon l’association, à présenter ces propositions lors de la prochaine réunion du Conseil national de santé publique, afin d’obtenir un soutien politique et d’initier le processus législatif requis. L’objectif affiché reste la protection des jeunes et la réduction de la prévalence de l’alcoolisation précoce en France.

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