Aurélie Trouvé, députée LFI, affirme sur BFMTV que Total n’a versé aucun euro d’impôt sur les sociétés en France de 2019 à 2023, dans un contexte de superprofits liés au conflit au Moyen-Orient. Ce constat soulève de nombreuses interrogations sur la fiscalité des géants de l’énergie.
Mise en contexte
La question des impôts payés par les grandes entreprises, notamment dans le secteur de l’énergie, est au cœur des débats publics et politiques en France. Depuis plusieurs années, la fiscalité de ces multinationales est scrutée à la loupe, dans un contexte où la transition énergétique et la justice sociale prennent une place centrale dans les priorités nationales. Le secteur pétrolier et gazier, en particulier, est régulièrement pointé du doigt pour ses marges bénéficiaires élevées et ses pratiques fiscales.
Depuis le début de 2026, le conflit au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix de l’énergie sur les marchés mondiaux, générant ainsi des superprofits pour les grandes compagnies pétrolières. Ce contexte a ravivé le débat sur la redistribution de ces profits exceptionnels et sur la contribution fiscale de ces groupes. En France, la question est d’autant plus sensible que la population subit l’impact de la hausse des prix de l’énergie.
Dans ce cadre, l’intervention d’Aurélie Trouvé ce 29 avril 2026 sur le plateau de BFMTV a relancé la polémique. La députée de La France Insoumise a affirmé que Total, l’un des leaders mondiaux de l’énergie, n’avait pas payé un euro d’impôt sur les sociétés en France entre 2019 et 2023. Cette déclaration soulève de nombreuses interrogations sur la transparence fiscale des groupes français et sur l’efficacité des dispositifs de lutte contre l’évasion fiscale.
Les faits
Invitée sur BFMTV, Aurélie Trouvé a indiqué que Total n’a versé aucun impôt sur les sociétés en France durant la période allant de 2019 à 2023. Cette affirmation s’appuie sur des analyses de données financières et fiscales disponibles, bien que des précisions complémentaires restent à confirmer officiellement. La députée a mis en lumière cette situation dans le contexte des superprofits engrangés par Total depuis le début du conflit au Moyen-Orient, où les prix du pétrole se sont envolés.
Selon les informations communiquées, Total aurait bénéficié de mécanismes d’optimisation fiscale complexes, lui permettant d’échapper au paiement de l’impôt sur les sociétés en France. Ces mécanismes sont souvent liés à la structure internationale du groupe, à ses filiales à l’étranger, ainsi qu’à l’application de règles fiscales internationales. L’ensemble de ces éléments contribuerait à réduire très significativement la charge fiscale locale.
Il est important de noter que ces pratiques ne sont pas spécifiques à Total et qu’elles concernent une partie des grandes multinationales, notamment dans les secteurs à forte intensité capitalistique et internationale. La portée exacte de ces mécanismes et leur légalité font l’objet d’examens et de débats récurrents, tant au niveau national qu’international.
Fiscalité et superprofits dans le secteur de l’énergie
Le concept de superprofits désigne des bénéfices exceptionnels réalisés par certaines entreprises en raison de circonstances économiques particulières, comme la flambée des prix. Dans le secteur énergétique, cette notion est particulièrement d’actualité depuis les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont provoqué une hausse spectaculaire des cours du pétrole et du gaz.
La question de la fiscalité des superprofits est délicate : certains pays ont mis en place des taxes spécifiques pour capter une part de ces bénéfices extraordinaires, considérés comme injustes par une partie de l’opinion publique. En France, cette idée a été évoquée à plusieurs reprises, notamment par des partis politiques de gauche et des associations de consommateurs, pour financer la transition écologique ou soutenir les ménages impactés par la hausse des prix.
Le cas de Total illustre la difficulté à concilier la réalité économique des groupes internationaux et les attentes fiscales nationales. Malgré des résultats financiers très élevés, la pression fiscale effective sur ces superprofits peut rester faible, en raison de stratégies d’optimisation et de la complexité des règles fiscales internationales.
Analyse et enjeux
La déclaration d’Aurélie Trouvé met en lumière un enjeu majeur pour la souveraineté fiscale de la France face aux multinationales. Si Total n’a effectivement pas payé d’impôt sur les sociétés en France sur plusieurs années, cela interroge sur la capacité des États à taxer efficacement les groupes implantés sur leur territoire mais opérant à l’échelle globale.
Cette situation soulève également des questions éthiques et politiques, notamment dans un contexte où les Français subissent les conséquences économiques et sociales des fluctuations des prix de l’énergie. L’absence de contribution fiscale de l’un des plus grands groupes énergétiques français peut apparaître comme une injustice et un manque à gagner pour les finances publiques.
Enfin, cette problématique s’inscrit dans un débat plus large concernant la réforme de la fiscalité internationale. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) travaille depuis plusieurs années sur une taxation minimale globale des multinationales pour limiter les délocalisations fiscales. Les résultats restent cependant partiels et difficiles à mettre en œuvre rapidement.
Réactions et perspectives
Les propos d’Aurélie Trouvé ont rapidement suscité des réactions dans le paysage politique et économique. Certains responsables politiques de gauche ont salué la mise en lumière de ces pratiques, qu’ils dénoncent comme un obstacle à la justice fiscale et à la transition écologique. Ils appellent à une réforme plus ambitieuse pour lutter contre l’optimisation fiscale et taxer les superprofits.
Du côté des représentants de Total et du secteur de l’énergie, les réactions ne sont pas encore formalisées à ce stade. Il est habituel que ces groupes défendent leur conformité aux règles fiscales en vigueur et mettent en avant leur contribution globale à l’économie et à l’emploi. L’affaire pourrait néanmoins alimenter les débats lors des prochaines discussions parlementaires sur la fiscalité des grandes entreprises.
Par ailleurs, la société civile et les organisations non gouvernementales engagées dans la transparence fiscale pourraient intensifier leurs mobilisations pour exiger plus de clarté et de justice dans ce domaine. La pression citoyenne joue un rôle croissant dans l’évolution des politiques fiscales.
En résumé
La déclaration d’Aurélie Trouvé selon laquelle Total n’aurait pas payé d’impôt sur les sociétés en France entre 2019 et 2023 pose un diagnostic sévère sur la fiscalité des multinationales françaises dans un contexte de profits exceptionnels. Ce constat invite à repenser les mécanismes de taxation pour garantir une contribution équitable des grands groupes au financement des services publics et à la transition énergétique.
Face à ces enjeux, le débat sur la réforme fiscale, tant au niveau national qu’international, reste ouvert et crucial. La transparence, la justice sociale et la souveraineté fiscale apparaissent comme des priorités pour répondre aux attentes des citoyens et aux défis économiques et environnementaux actuels.