Jean-Louis Schilansky, ancien président de l'Ufip, affirme que le gouvernement français ne peut pas réduire les taxes sur le carburant faute de marges budgétaires. Il évoque également la situation actuelle des prix et la question d'une possible pénurie.
Contexte actuel des prix du carburant en France
Depuis plusieurs mois, le prix des carburants en France demeure une source d’inquiétude pour les consommateurs. Avec une inflation persistante et des tensions internationales qui pèsent sur les marchés pétroliers, le coût à la pompe reste élevé, impactant le pouvoir d’achat des ménages.
Face à cette situation, le gouvernement français est régulièrement interrogé sur la possibilité de réduire les taxes qui représentent une part importante du prix final du carburant. C’est dans ce cadre que Jean-Louis Schilansky, ancien président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), a apporté son éclairage lors de son intervention sur BFM le lundi 6 avril.
Pourquoi le gouvernement ne touche pas aux taxes sur le carburant
Jean-Louis Schilansky explique que la raison principale pour laquelle l’exécutif refuse de baisser les taxes sur les carburants est liée à l’état des finances publiques. « Le gouvernement ne veut pas toucher aux taxes parce qu'il n'en a pas les moyens », a-t-il affirmé. En effet, les recettes fiscales issues de ces taxes sont une source importante de financement pour l’État, notamment pour la transition énergétique et les investissements dans les infrastructures.
Selon l’expert, diminuer ces taxes pourrait créer un manque à gagner considérable dans le budget national, ce qui compliquerait la gestion des comptes publics déjà fragilisés par la crise sanitaire et les mesures de soutien économique.
La question d’une pénurie de carburant en France
Interrogé également sur la possible pénurie de carburant, Jean-Louis Schilansky a rassuré le public en indiquant que, pour l’instant, il n’y a pas de risque imminent. Il a précisé que la chaîne d’approvisionnement en France fonctionne normalement et que les stocks de carburant sont suffisants pour faire face à la demande.
Cependant, il a souligné que la situation reste surveillée de près, notamment en raison des tensions géopolitiques et des mouvements sociaux qui peuvent perturber la distribution. Une coordination étroite entre les acteurs du secteur pétrolier et les autorités est donc maintenue pour anticiper et gérer toute éventuelle difficulté.
Les alternatives envisagées pour soulager les consommateurs
Face à la contrainte budgétaire qui empêche une baisse directe des taxes, plusieurs pistes sont évoquées pour atténuer la pression sur les prix du carburant :
- Aides ciblées : Mise en place de dispositifs d’aide financière pour les ménages les plus modestes et les professionnels fortement dépendants du carburant.
- Transition énergétique : Accélération du développement des transports alternatifs et des énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux carburants fossiles.
- Optimisation fiscale : Révision ciblée de certaines taxes ou exonérations spécifiques, sans toucher au cœur des recettes fiscales.
Jean-Louis Schilansky insiste sur l’importance d’une approche équilibrée, qui permette d’alléger le coût pour les usagers sans compromettre les engagements financiers de l’État.
Conclusion
La déclaration de Jean-Louis Schilansky met en lumière les défis auxquels le gouvernement français est confronté concernant la politique fiscale sur les carburants. Alors que les prix à la pompe restent un sujet sensible, la marge de manœuvre pour une baisse des taxes semble limitée par la nécessité de préserver les ressources publiques.
Dans ce contexte, les autorités privilégient des mesures alternatives pour soutenir les consommateurs tout en poursuivant les objectifs de transition énergétique et de stabilité budgétaire. La vigilance reste de mise en ce qui concerne la disponibilité des carburants, mais aucune pénurie majeure n’est à craindre à court terme.