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Crise de la pomme de terre : l'usine Clarebout arrête sa production

La crise de la pomme de terre frappe les Hauts-de-France avec l'arrêt de production de l'usine Clarebout de Mouscron, spécialisée dans les frites surgelées. Cette décision résulte de surcapacités, d'une concurrence accrue et d'une hausse continue des coûts, aggravant la situation déjà difficile des agriculteurs confrontés au dérèglement climatique.

MR
journalist·mercredi 16 septembre 2026 à 14:115 min
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Crise de la pomme de terre : l'usine Clarebout arrête sa production

L'usine Clarebout de Mouscron, en Belgique, a annoncé la cessation de sa production de frites surgelées, une décision qui pèse lourdement sur la filière pomme de terre des Hauts-de-France. Cette fermeture s’inscrit dans un contexte de surcapacités de production, de concurrence internationale renforcée et de coûts de matières premières en hausse constante. Elle vient s’ajouter aux difficultés déjà rencontrées par les agriculteurs régionaux, qui subissent les effets du dérèglement climatique sur leurs récoltes.

Arrêt de la production à l'usine Clarebout

L'usine Clarebout, située à Mouscron, était l’un des principaux sites de transformation de pommes de terre en frites surgelées destinées aux marchés français et européens. Selon Le Monde International, la plupart des produits sortant de cette usine étaient destinés aux chaînes de restauration rapide et aux distributeurs du Nord de la France, faisant de l’établissement un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement régionale. Avant la décision d’arrêt, l’usine employait plusieurs centaines de salariés, dont une partie importante était issue des communes frontalières des Hauts-de-France.

Les dirigeants de Clarebout invoquent trois facteurs majeurs pour justifier la suspension de l’activité : d’une part, une surcapacité de production qui rend les lignes de fabrication sous‑exploitées ; d’autre part, une concurrence accrue, notamment de la part de producteurs d’Europe de l’Est qui offrent des prix plus bas grâce à des coûts de main‑d’œuvre moindres ; enfin, une hausse continue des coûts d’énergie et des matières premières, qui a érodé les marges bénéficiaires depuis plusieurs années. Ces éléments, combinés, ont rendu la poursuite de l’exploitation économiquement non viable, selon les informations publiées dans l’article du 16 septembre 2026.

La décision d’arrêt aura des répercussions immédiates sur l’emploi local. Les salariés concernés, dont beaucoup résident dans les Hauts-de-France, se retrouvent sans poste, et les fournisseurs de services logistiques, d’emballage et de maintenance voient leurs contrats diminuer ou disparaître. Le réseau de transport de la pomme de terre, qui dépendait de l’usine pour le conditionnement et l’exportation, doit désormais réorganiser ses flux, ce qui crée une incertitude supplémentaire pour les acteurs de la filière.

Conséquences pour les producteurs de pommes de terre des Hauts-de-France

Les agriculteurs de la région, déjà confrontés à des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles, voient leurs débouchés se réduire drastiquement. Le dérèglement climatique, avec des épisodes de sécheresse prolongée et des pluies intenses, a entraîné une baisse de la qualité et du rendement des récoltes de pommes de terre, comme le souligne le rapport de Le Monde International. Cette situation fragilise la capacité des producteurs à répondre aux exigences de volume et de qualité exigées par les transformateurs.

La perte du principal débouché industriel représente un choc économique majeur. Sans la perspective de livrer leurs tubercules à Clarebout, les agriculteurs doivent chercher de nouveaux marchés, souvent à des prix moins favorables, ou accepter de stocker leurs productions, ce qui augmente les coûts de stockage et les risques de pertes post‑récolte. Les organisations professionnelles locales signalent déjà une pression à la baisse sur les prix de gros, aggravée par la concurrence de producteurs étrangers dont les coûts de production restent inférieurs.

Face à cette crise, les chambres d’agriculture et les syndicats agricoles appellent à une mobilisation des pouvoirs publics pour mettre en place des aides d’urgence, des programmes de diversification des cultures et des incitations à la modernisation des exploitations. Des mesures de soutien, telles que des subventions à la conversion vers des cultures moins sensibles aux aléas climatiques ou des aides à la commercialisation directe, sont évoquées comme des réponses possibles pour atténuer l’impact de la fermeture de l’usine.

Répercussions économiques et sociales dans la région

Au-delà du secteur agricole, la fermeture de Clarebout menace l’équilibre économique des Hauts-de-France. Les entreprises de logistique, de conditionnement et de services associés, qui dépendaient du volume d’activité de l’usine, voient leurs chiffres d’affaires diminuer, entraînant des licenciements et une hausse du chômage local. Les collectivités territoriales, déjà confrontées à des déficits budgétaires, devront faire face à une pression accrue sur leurs dispositifs d’aide sociale et de formation professionnelle.

Les effets sociaux se manifestent également dans les communautés rurales où le tissu économique repose largement sur l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. La perte d’emplois peut entraîner une migration des jeunes vers les grandes métropoles, accentuant le phénomène de désertification des campagnes. Les mairies et les conseils départementaux envisagent de renforcer les programmes de reconversion professionnelle et de soutenir les initiatives d’économie locale, telles que les circuits courts et les projets de transformation alimentaire à petite échelle.

À moyen terme, la région devra repenser sa stratégie de développement économique. Les acteurs locaux évoquent la nécessité de diversifier les filières agroalimentaires, d’attirer des investissements dans des technologies de transformation plus résilientes et de profiter des fonds européens dédiés à la transition écologique. Selon les experts, une adaptation rapide et coordonnée entre agriculteurs, industriels et pouvoirs publics sera indispensable pour limiter les pertes d’emplois et garantir la viabilité de la filière pomme de terre dans les Hauts-de-France.

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