Dans son nouveau livre, co‑écrit avec Romain Marsily, le candidat à la présidentielle David Lisnard met en garde contre la transformation technologique, industrielle et anthropologique portée par l’intelligence artificielle. Il propose un plan national pour placer la France au cœur de cette mutation, en insistant sur la souveraineté numérique et la formation des salariés.
David Lisnard, maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle, a présenté dans une interview accordée à Le Figaro les grandes lignes de son projet politique centré sur l’intelligence artificielle (IA) et la robotique. Selon le quotidien, le candidat estime que la France doit saisir l’opportunité d’une révolution technologique qui touche les secteurs industriels, économiques et sociaux, afin d’éviter une dépendance accrue aux puissances étrangères. Il annonce la sortie prochaine d’un ouvrage co‑écrit avec Romain Marsily, où il détaille les mesures qu’il juge essentielles pour que le pays reste compétitif et souverain.
Les propositions de David Lisnard pour la souveraineté technologique
Lisnard préconise la création d’un fonds national dédié à la recherche et au développement de l’IA, financé à hauteur de 2 % du produit intérieur brut. Ce financement viserait à soutenir les start‑ups françaises, à renforcer les laboratoires publics et à encourager les partenariats public‑privé. Il souligne que, selon le rapport du Conseil national du numérique, la France ne consacre aujourd’hui que 0,5 % du PIB à la R&D en IA, un taux qu’il juge insuffisant pour rivaliser avec les États-Unis et la Chine.
Le second volet de son programme porte sur la formation professionnelle. Lisnard propose d’intégrer des modules d’IA et de robotique dès le lycée, ainsi que de créer un label « Compétences IA » pour les entreprises qui investissent dans la montée en compétences de leurs salariés. Il cite l’exemple de l’Allemagne, où la formation continue a permis d’atténuer les pertes d’emplois liées à l’automatisation, et estime que la France doit reproduire ce modèle pour éviter un « chômage technologique » massif.
Enfin, le candidat plaide pour la mise en place d’une régulation européenne forte, afin d’harmoniser les standards de sécurité et d’éthique autour de l’IA. Il indique que, sans cadre commun, les acteurs privés pourraient fragmenter le marché et freiner l’innovation. Selon lui, la France doit jouer un rôle moteur au sein de l’Union européenne pour garantir que les règles de gouvernance technologique soient à la fois protectrices des citoyens et propices à l’investissement.
Le contexte français de l’IA et les défis annoncés
Le débat sur l’intelligence artificielle s’inscrit dans un contexte de tensions économiques et sociales. Le Figaro rappelle que le pays a connu, ces dernières années, des épisodes d’émeutes et une crise financière, des phénomènes que Lisnard relie à une perte de confiance dans les institutions et à une montée du sentiment d’incompétence technocratique. Il avance que la robotisation croissante des usines et la digitalisation des services publics pourraient accentuer ces frustrations si aucune politique claire n’est adoptée.
Dans son interview, Lisnard évoque également le scénario de 2027, présenté dans le titre de l’article original, où l’IA aurait profondément remodelé le marché du travail et les rapports de force géopolitiques. Il précise que ce scénario n’est pas une prédiction mais une mise en garde : « Si nous ne prenons pas les mesures dès aujourd’hui, la France risque d’être à la traîne quand les systèmes autonomes seront majoritaires dans les transports, la santé et l’industrie ». Cette affirmation s’appuie sur les études de l’INSEE qui projettent une automatisation de 30 % des postes d’ici la fin de la décennie.
Par ailleurs, le livre à paraître, co‑écrit avec Romain Marsily, détaille une analyse anthropologique de l’impact de l’IA sur les rapports humains. Lisnard y affirme que la robotique modifie non seulement les processus de production, mais aussi les modes de communication et de décision au sein des organisations. Il cite des exemples concrets, comme l’usage croissant des assistants vocaux dans les administrations, qui, selon lui, nécessite une réflexion éthique profonde pour protéger la vie privée des citoyens.
Réactions et perspectives pour la campagne présidentielle
Les premiers retours des responsables de la droite traditionnelle sont mitigés. Certains membres du parti Les Républicains ont salué la volonté de Lisnard de placer la technologie au cœur du débat, tandis que d’autres le critiquent pour ce qu’ils jugent être une « technocratie dépassée ». Le Figaro note que le candidat a reçu le soutien de plusieurs chefs d’entreprise du secteur du numérique, qui voient dans ses propositions une opportunité de revitaliser l’écosystème français.
Du côté des syndicats, les organisations de travailleurs expriment des réserves quant à la rapidité de la transition proposée. Elles demandent que les mesures de formation soient accompagnées de garanties d’emploi et d’un accompagnement social renforcé. Selon la CGT, « l’État doit garantir que la digitalisation ne se traduise pas par une précarisation accrue des salariés », un point que Lisnard a reconnu en soulignant l’importance d’un filet de sécurité sociale adapté.
En perspective, le programme de Lisnard pourrait remodeler le paysage électoral en introduisant le thème de l’IA comme enjeu majeur de la présidentielle de 2027. Si son livre rencontre le succès escompté, il pourrait servir de feuille de route à d’autres candidats, créant ainsi un débat national sur la souveraineté technologique. Dans tous les cas, le candidat a clairement indiqué que la mise en œuvre de ces mesures dépendra de la capacité du futur gouvernement à fédérer les acteurs publics et privés autour d’une vision partagée.
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