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Enfants blessés par la guerre au Liban : soins, rééducation et retour à l'école

Des enfants gravement blessés par les conflits récents, qu'ils viennent du sud du Liban ou qu'ils aient été évacués de Gaza, tentent aujourd'hui de reconstruire leur quotidien entre soins médicaux, rééducation et réintégration scolaire.

MR
journalist·mardi 20 octobre 2026 à 15:597 min
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Enfants blessés par la guerre au Liban : soins, rééducation et retour à l'école
Situation au Liban : les enfants blessés par la guerre tentent de retrouver un quotidien

Des dizaines d'enfants, victimes de blessures graves liées aux conflits qui secouent le Liban et la bande de Gaza, reçoivent aujourd'hui un suivi médical et éducatif à Beyrouth. Leurs familles, souvent déplacées, cherchent à rétablir une routine normale malgré les séquelles physiques et psychologiques laissées par la guerre.

Depuis plusieurs décennies, le Liban vit une succession de crises – économiques, politiques et sécuritaires – qui ont fragilisé le tissu social et les services publics. Les affrontements le long de la frontière sud, ainsi que l'escalade du conflit à Gaza, ont créé un climat d'insécurité permanente, poussant des familles entières à fuir leurs foyers. Dans ce contexte, les enfants blessés représentent une génération qui porte le poids de ces violences tout en devant retrouver, contre toute attente, un quotidien digne.

Soins et rééducation des enfants blessés au sud du Liban

Les hôpitaux publics de Beyrouth, notamment l'hôpital Saint‑Joseph, ont vu affluer depuis plusieurs mois des enfants blessés lors des échanges de tirs dans le sud du pays. Selon les sources, les blessures varient de fractures multiples à des traumatismes crâniens, nécessitant des interventions chirurgicales d'urgence et une prise en charge prolongée.

Après les opérations, les enfants sont orientés vers des programmes de rééducation multidisciplinaire. Des ONG locales, comme « Lebanon Children Care », coordonnent des séances de physiothérapie, d'ergothérapie et d'orthophonie, afin de restaurer la mobilité et les fonctions motrices perdues. Les équipes médicales soulignent que chaque séance dure en moyenne une heure, avec un suivi quotidien pendant plusieurs mois.

Le principal défi reste l'accès aux ressources financières et logistiques. De nombreuses familles, déjà fragilisées par la crise économique, peinent à couvrir les frais de transport et d'hébergement à proximité des centres de soins. Les autorités sanitaires, en partenariat avec l'UNICEF, ont mis en place des aides ponctuelles, mais la demande dépasse largement les moyens disponibles.

Les médecins insistent sur l'importance d'une prise en charge holistique : « la guérison physique ne suffit pas si l'enfant ne retrouve pas confiance en son corps et en son avenir », rappelle un chirurgien de l'hôpital Saint‑Joseph. Cette approche intégrée, qui combine rééducation physique et accompagnement psychologique, devient progressivement le socle des programmes de soins.

Enfants évacués de Gaza vers Beyrouth : parcours et défis

Depuis le début de l'escalade du conflit à Gaza, plusieurs dizaines d'enfants gravement blessés ont été évacués vers le Liban, grâce à des corridors humanitaires ouverts par les Nations Unies. Leur arrivée à l'aéroport de Beyrouth a été suivie d'un triage médical immédiat, afin de prioriser les interventions les plus urgentes.

Les services pédiatriques de l'hôpital Rafic Hariri ont pris en charge ces patients, en mobilisant des équipes spécialisées en traumatologie et en chirurgie reconstructive. Les dossiers médicaux indiquent que certains enfants ont subi des amputations partielles, tandis que d'autres portent des cicatrices profondes nécessitant des greffes cutanées. Les spécialistes insistent sur la nécessité d'un suivi à long terme pour éviter les complications infectieuses.

Outre les soins physiques, les enfants évacués font face à un lourd fardeau psychologique. Des psychologues du ministère de la Santé, appuyés par des organisations internationales, ont mis en place des programmes de soutien émotionnel, incluant des ateliers de groupe et des séances individuelles. Les premiers retours montrent une amélioration progressive du bien‑être, mais les experts avertissent que le traumatisme pourra persister pendant plusieurs années.

Les familles d'origine palestinienne, souvent en situation de précarité, rencontrent des obstacles administratifs pour obtenir un statut de résident stable au Liban. Cette incertitude ajoute une couche supplémentaire d'angoisse, tant pour les enfants que pour leurs proches.

Retour à l'école et perspectives d'intégration

Les autorités éducatives libanaises, en collaboration avec les ONG, ont lancé un dispositif d'intégration scolaire pour les enfants blessés. Des classes spéciales, équipées de rampes d'accès et de matériel adapté, ont été créées dans plusieurs établissements du centre du pays. Les enseignants reçoivent une formation spécifique pour accompagner les élèves à mobilité réduite.

Le programme prévoit également des aménagements pédagogiques, comme des cours à distance pour les enfants dont l'état de santé ne permet pas une présence quotidienne. Selon les sources, plus d'une centaine d'élèves ont déjà repris le chemin de l'école, bénéficiant d'un suivi individualisé qui combine apprentissage académique et exercices de rééducation.

Parmi les témoignages recueillis, un adolescent évacué de Gaza raconte : « Je veux retrouver mes amis et reprendre le lycée comme avant ». Son désir reflète l'espoir partagé par de nombreux jeunes qui voient l'éducation comme un moyen de reconstruire leurs vies.

À moyen terme, les acteurs du secteur soulignent la nécessité de consolider ces initiatives afin d'assurer une continuité des soins et de l'éducation. Le ministère de la Santé envisage d'étendre le réseau de centres de rééducation à d'autres régions du Liban, tandis que le ministère de l'Éducation planifie la création de davantage de classes inclusives. La réussite de ces projets dépendra de la stabilité politique et de la capacité à mobiliser des financements internationaux.

Enjeux politiques et réponses internationales

La situation des enfants blessés s'inscrit dans un débat plus large sur la responsabilité des acteurs régionaux et internationaux. Les Nations Unies, via l'UNICEF et le Haut-Commissariat aux réfugiés, ont appelé à un renforcement des corridors humanitaires et à un financement accru des programmes de réhabilitation. De leur côté, les autorités libanaises ont souligné que la crise sanitaire et économique du pays rend difficile la mise en œuvre de solutions durables sans soutien extérieur.

Des représentants du gouvernement ont déclaré que « la protection des enfants constitue une priorité nationale », tout en reconnaissant que les ressources internes sont limitées. Cette reconnaissance a conduit à la signature de nouveaux accords de coopération avec des bailleurs de fonds européens et du Moyen-Orient, visant à sécuriser des subventions pour les projets de santé et d'éducation.

Les ONG locales, quant à elles, réclament une meilleure coordination entre les différents acteurs afin d'éviter les doublons et d'optimiser l'utilisation des fonds. Elles insistent également sur la nécessité d'impliquer les communautés affectées dans la conception des programmes, afin que les solutions proposées répondent réellement aux besoins des enfants et de leurs familles.

Perspectives d'avenir et implications à long terme

Si les premiers mois ont permis d'établir des bases solides, les défis à long terme restent nombreux. La réintégration scolaire doit s'accompagner d'un suivi psychologique continu, car les séquelles émotionnelles peuvent se manifester longtemps après la fin des soins physiques. De plus, la durabilité des infrastructures de rééducation dépendra de la capacité du Liban à stabiliser son économie et à sécuriser des financements récurrents.

Les experts en droits de l'enfant soulignent que chaque enfant qui retrouve un quotidien scolaire représente une victoire symbolique contre la logique de la guerre qui cherche à briser les générations futures. « Investir dans la santé et l'éducation des enfants blessés, c'est investir dans la résilience du Liban », affirme un porte-parole de l'UNICEF.

En définitive, la trajectoire de ces jeunes témoigne de la capacité humaine à chercher la lumière même dans les ténèbres les plus profondes. Leur parcours, entre salles d'opération, cabinets de rééducation et salles de classe, illustre la volonté collective de transformer la douleur en espoir, à condition que la communauté internationale continue d'apporter son soutien et que les autorités libanaises maintiennent le cap sur une politique inclusive et protectrice.

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