Le quotidien Haaretz révèle que Benjamin Netanyahu aurait reçu des alertes sur les attaques du 7 octobre quelques jours avant leur exécution et n'aurait pas agi. À moins d'un mois des élections législatives, ce scandale pourrait bouleverser le débat politique en Israël.
Le quotidien israélien Haaretz a publié, le 9 septembre, une enquête indiquant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait été informé, quelques jours avant le 7 octobre, de la préparation d'attaques coordonnées menées par des groupes palestiniens. Selon le reportage de France 24, des services de renseignement auraient transmis des alertes précises, mais le gouvernement n'aurait pas déclenché de mesures préventives. Cette révélation intervient à moins d’un mois des élections législatives israéliennes, où Netanyahu, critiqué pour sa politique sécuritaire, cherche à consolider une coalition incluant la droite et l’extrême droite. Le scandale risque de bouleverser le débat électoral et d’alimenter les appels à une enquête parlementaire.
Les révélations de Haaretz
Haaretz indique que, dès le début du mois d’octobre, les services de renseignement israéliens disposaient d’informations détaillées sur la planification d’attaques, incluant des déplacements de militants, l’acquisition d’armes et la synchronisation des opérations. Le journal cite des sources proches du ministère de la Défense qui affirment que ces renseignements ont été transmis directement au cabinet du Premier ministre, sans que celui‑ci ne donne d’instructions claires aux forces de sécurité. Cette chaîne d’information, selon le même article, aurait été corroborée par des rapports de l’Intelligence militaire israélienne, mais aucune décision d’urgence n’a été prise.
Le même rapport précise que, malgré la gravité des alertes, le gouvernement a choisi de ne pas activer le plan d’urgence habituel, invoquant des considérations politiques et la crainte d’alimenter les tensions internes. Des responsables anonymes ont déclaré que la priorité était donnée à la gestion de la campagne électorale, ce qui aurait retardé la mise en œuvre de mesures préventives. L’absence de réaction a été décrite comme « une négligence stratégique », selon les analystes cités par Haaretz.
Ces révélations, publiées à l’approche du scrutin, ont immédiatement déclenché une vague de critiques au sein de la société civile et des partis d’opposition, qui demandent des explications détaillées et la mise en place d’une commission d’enquête indépendante. Le quotidien souligne que, jusqu’à présent, aucune déclaration officielle n’a été faite par le bureau du Premier ministre pour contredire ou confirmer les faits avancés par Haaretz.
Le contexte politique et électoral
Les élections législatives israéliennes, prévues pour le mois prochain, se déroulent dans un climat de forte polarisation. Netanyahu, qui occupe le poste depuis 2009, tente de rallier la droite traditionnelle ainsi que les partis d’extrême droite afin de garantir une majorité stable. Cette stratégie, déjà critiquée pour son orientation nationaliste, se heurte à une opposition de plus en plus unie autour de la question de la sécurité et de la transparence gouvernementale. Les sondages récents, publiés par plusieurs instituts, montrent une légère érosion du soutien à Netanyahu, notamment parmi les électeurs modérés.
Le scandale des alertes non traitées vient s’ajouter à une série de controverses qui ont entaché le mandat de Netanyahu, notamment les accusations de corruption et les critiques sur la gestion de la pandémie de Covid‑19. Les partis d’opposition, dont le parti travailliste et le parti bleu et blanc, ont déjà annoncé qu’ils présenteraient un projet de loi visant à renforcer le contrôle parlementaire sur les services de renseignement. Cette initiative pourrait devenir un point central du débat électoral, en particulier si les électeurs perçoivent une défaillance du gouvernement à protéger la population.
Dans ce contexte, les analystes politiques estiment que la révélation de Haaretz pourrait influencer le comportement des électeurs indécis, qui pourraient se tourner vers des formations promettant davantage de transparence et de responsabilité. Certains observateurs suggèrent que le résultat du scrutin pourrait dépendre de la capacité de Netanyahu à dissocier son image de leader sécuritaire des accusations de négligence, un défi majeur à quelques semaines du vote.
Réactions, enquêtes et perspectives
Les réactions immédiates ont été fortes. Le chef du parti travailliste, Merav Michaeli, a déclaré lors d’une conférence de presse que « le peuple israélien mérite de savoir pourquoi son gouvernement a ignoré des alertes claires et mortelles ». De son côté, le ministre de la Défense a indiqué qu’une enquête interne serait lancée, tout en soulignant que les décisions prises à l’époque étaient basées sur les informations disponibles. Les organisations de défense des droits humains ont également appelé à une enquête parlementaire indépendante, arguant que la transparence est indispensable pour restaurer la confiance publique.
Le gouvernement, tout en refusant de commenter les détails spécifiques de l’enquête, a annoncé la création d’une commission spéciale composée de membres du Knesset, de représentants des services de renseignement et d’experts juridiques. Cette commission devra rendre un rapport avant la tenue du scrutin, afin de permettre aux électeurs de juger en connaissance de cause. Selon les sources de France 24, la mise en place de cette commission est déjà en cours de discussion au sein du cabinet.
À l’international, plusieurs gouvernements et organisations ont suivi l’affaire de près, rappelant l’importance de la responsabilité gouvernementale en matière de sécurité. Les États‑Unis et l’Union européenne ont exprimé leur « préoccupation » quant aux implications de ces révélations pour la stabilité régionale. En perspective, si l’enquête confirme les faits avancés par Haaretz, le poids politique de Netanyahu pourrait être considérablement affaibli, ouvrant la voie à une coalition de centre‑gauche ou à une nouvelle configuration de droite plus modérée. Dans le cas contraire, le Premier ministre pourrait tenter de minimiser l’impact en soulignant les succès de son mandat en matière de sécurité et d’économie.
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