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Raphaël Glucksmann et la présidentielle : pourquoi le patronat français s'intéresse à lui

L'éditorialiste économie de BFMTV Laure Closier estime que Raphaël Glucksmann possède le profil idéal pour séduire les chefs d'entreprise français. Mais son programme économique pourrait freiner ce rapprochement avec le monde patronal, à un an et demi de l'élection présidentielle.

CM
journalist·vendredi 4 septembre 2026 à 07:185 min
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Raphaël Glucksmann et la présidentielle : pourquoi le patronat français s'intéresse à lui

Le fondateur de Place publique Raphaël Glucksmann apparaît comme une figure susceptible de capter l'attention du patronat français en vue de l'élection présidentielle, selon l'analyse développée par Laure Closier, éditorialiste économie sur BFMTV, dans son édito économique diffusé vendredi. La journaliste souligne que l'eurodéputé réunit plusieurs attributs recherchés par les dirigeants d'entreprise, tout en relevant une difficulté de taille : l'orientation de son programme économique.

L'hypothèse d'une candidature Glucksmann à la prochaine échéance présidentielle s'inscrit dans un calendrier où la désignation des candidats à la primaire de la gauche comme des formations situées plus au centre reste en cours d'élaboration. Plusieurs responsables économiques et politiques ont multiplié ces derniers mois les prises de position sur la personnalité la mieux à même de porter une offre crédible face aux attentes du monde économique.

Un profil jugé compatible avec les attentes du monde patronal

Selon Laure Closier, Raphaël Glucksmann coche plusieurs cases qui parlent aux chefs d'entreprise français. L'eurodéputé, figure montante de la social-démocratie européenne, a construit sa notoriété sur des thématiques liées à la défense, à l'industrie européenne et à la souveraineté économique, des sujets qui résonnent dans les préoccupations patronales.

Sa stature internationale, acquise notamment à travers son mandat de député européen, ainsi que sa maîtrise des dossiers européens — concurrence internationale, politique industrielle, réarmement — constituent des atouts aux yeux d'un patronat attentif aux équilibres géopolitiques et aux chaînes de valeur. La journaliste évoque par ailleurs sa capacité à mobiliser un électorat jeune et urbain, segment jugé stratégique pour la transformation économique du pays.

Plusieurs organisations patronales, comme le Medef et la CPME, ont à plusieurs reprises exprimé leur intérêt pour des candidats capables de tenir un discours pro-business tout en conservant une sensibilité sociale. Glucksmann est régulièrement cité parmi les personnalités susceptibles de remplir ce rôle, y compris dans les analyses relayées par la presse économique spécialisée.

Le programme économique, principal point de friction

Le principal obstacle à ce rapprochement tient, selon l'éditorialiste, au contenu même du programme porté par l'intéressé. Les propositions issues de Place publique et des prises de position publiques de Glucksmann incluent des mesures de régulation, de taxation des grandes entreprises et de conditionnalité des aides publiques, orientations qui peuvent entrer en tension avec les revendications patronales classiques.

La question de la fiscalité des entreprises, celle du partage de la valeur ou encore celle des normes environnementales demeurent des sujets sur lesquels la ligne défendue par l'eurodéputé diverge des positions habituellement défendues par les organisations professionnelles d'employeurs. Laure Closier note que ce hiatus programmatique pourrait limiter l'adhésion du patronat à une éventuelle candidature, indépendamment des qualités personnelles perçues du candidat.

Le positionnement de Glucksmann en matière européenne, notamment sur la taxation des multinationales, la régulation des plateformes numériques ou la transition écologique, traduit une vision où l'État intervient davantage dans la structuration de l'économie. Cette approche séduit une partie de l'opinion publique mais peut effrayer un patronat français soucieux de compétitivité et d'attractivité du territoire.

Vers une recomposition du paysage politique à gauche du centre

La perspective d'une candidature Glucksmann à l'élection présidentielle s'inscrit dans une recomposition plus large du paysage politique français. Après la séquence de 2024 marquée par la dissolution de l'Assemblée nationale et ses prolongements, les formations situées entre le Parti socialiste, Place publique et les courants écologistes cherchent à définir une offre commune.

Plusieurs observateurs considèrent que Raphaël Glucksmann pourrait incarner une synthèse entre une sensibilité sociale exigeante et un discours compatible avec les exigences économiques contemporaines. Cette position intermédiaire, souvent qualifiée de social-démocrate ou de progressiste réaliste, constitue un capital politique dans une opinion française traversée par des attentes contradictoires : aspiration à davantage de justice sociale d'un côté, inquiétudes économiques et fiscales de l'autre.

L'éditorialiste de BFMTV rappelle néanmoins que, dans l'histoire politique française récente, les candidats ayant tenté de fédérer simultanément patronat et électorat populaire se sont souvent heurtés à la défiance de l'un ou l'autre camp. Le mouvement En Marche d'Emmanuel Macron en 2017 reste une exception souvent citée mais dont la portée reste débattue, notamment au regard de la séquence 2022-2024 marquée par une perte d'adhésion patronale après les mouvements sociaux.

Reste également la question de la primaire, outil traditionnellement utilisé à gauche pour désigner un candidat. Les modalités de désignation au sein de la gauche française pour la prochaine échéance présidentielle n'étaient pas arrêtées au moment de la publication de l'édit de Laure Closier. Les formations concernées devront déterminer si elles organisent un scrutin commun, une primaire ouverte, ou si elles s'en remettent à des candidatures séparées.

Pour les cercles patronaux, l'enjeu dépasse la seule personnalité de Raphaël Glucksmann : il s'agit d'identifier un candidat, quel qu'il soit, capable d'incarner une stabilité économique et de rassurer sur les grands équilibres fiscaux et réglementaires. Les prochains mois, marqués par la préparation des textes financiers et les arbitrages européens, constitueront selon toute vraisemblance un test grandeur nature pour les candidats déclarés ou pressentis. La manière dont Glucksmann articulera son discours économique avec les attentes du monde de l'entreprise sera scrutée, y compris par ses soutiens actuels.

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