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Trottinettes électriques : le casque obligatoire dans le Nord et le Pas-de-Calais dès le 1er septembre

Le port du casque devient obligatoire pour les utilisateurs de trottinettes électriques dans le Nord et le Pas-de-Calais à compter du 1er septembre. La mesure vise à endiguer une hausse marquée des accidents, avec un bilan 2019-2025 particulièrement préoccupant.

FD
journalist·mardi 1 septembre 2026 à 06:147 min
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Trottinettes électriques : le casque obligatoire dans le Nord et le Pas-de-Calais dès le 1er septembre

Les utilisateurs de trottinettes électriques circulant dans le Nord et le Pas-de-Calais doivent désormais porter un casque. L'obligation entre en vigueur ce 1er septembre, ont rapporté nos confrères de BFMTV. Cette décision préfectorale répond à une recrudescence des accidents impliquant ces engins de déplacement personnel motorisés, dont le bilan s'est nettement alourdi au cours des six dernières années. Elle concerne l'ensemble des usagers, qu'ils circulent sur la voie publique, sur les pistes cyclables ou dans les zones partagées, et s'applique indifféremment aux trottinettes en libre-service et aux engins appartenant à des particuliers.

Une accidentalité en forte hausse depuis 2019

Selon BFMTV, le bilan de l'accidentalité a motivé la décision des autorités locales. Entre 2019 et 2025, le nombre d'accidents impliquant des trottinettes électriques a été multiplié par quinze dans la zone concernée, avec une aggravation particulièrement marquée dans le département du Nord, qui concentre l'essentiel des incidents recensés. Cette progression spectaculaire, en l'espace de quelques années seulement, traduit une évolution rapide des usages et des pratiques de déplacement en milieu urbain et périurbain, dans une région où la densité de population et l'étendue des zones urbaines favorisent le recours aux modes de transport individuels.

Les conséquences pour les usagers se révèlent lourdes : le nombre de blessés nécessitant une hospitalisation a, quant à lui, été multiplié par trente sur la même période, rapporte BFMTV. Cette progression, bien supérieure à celle du simple nombre d'accidents, traduit une sévérité accrue des traumatismes subis par les utilisateurs, qu'ils soient conducteurs ou piétons heurtés. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tendance, parmi lesquels l'augmentation de la vitesse moyenne des engins, la diversification des profils d'utilisateurs — parfois peu expérimentés — et le manque d'équipement de protection observé chez une grande partie des usagers.

Les autorités n'ont pas précisé, à ce stade, la nature exacte des contrôles qui accompagneront cette mesure ni les éventuelles sanctions encourues par les contrevenants. Le détail du dispositif de verbalisation reste à confirmer par les préfectures concernées, selon les informations disponibles. Les services préfectoraux devront notamment définir si les contrôles seront effectués de manière ponctuelle, à l'occasion d'opérations ciblées, ou s'ils s'inscriront dans une stratégie de présence renforcée sur le terrain, en coordination avec les forces de police et de gendarmerie ainsi qu'avec les polices municipales des communes concernées.

Un contexte national de régulation des EDPM

L'entrée en vigueur de cette obligation locale s'inscrit dans un mouvement plus large de régulation des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) en France. Ces dernières années, plusieurs municipalités et agglomérations ont durci les règles encadrant la circulation des trottinettes électriques, face à des préoccupations récurrentes liées à la sécurité routière et au partage de l'espace public. La définition même des EDPM, introduite dans le Code de la route, a permis de poser un cadre juridique clarifiant les droits et les obligations des utilisateurs, tout en laissant une marge d'adaptation aux collectivités locales.

La région des Hauts-de-France n'est pas épargnée par ce phénomène. Le nombre croissant de trottinettes en libre-service, conjugué à l'essor des trottinettes personnelles achetées par des particuliers, a contribué à multiplier les interactions, parfois conflictuelles, avec les automobilistes, les cyclistes et les piétons. Les autorités locales ont par ailleurs relevé des comportements à risque fréquents, notamment l'absence totale d'équipement de protection chez de nombreux usagers, le non-respect des limitations de vitesse, la circulation sur les trottoirs ou encore le stationnement gênant sur les espaces dédiés aux piétons. Ces incivilités répétées ont nourri un sentiment d'exaspération croissant au sein de la population et ont conduit les élus à réclamer un encadrement plus strict.

Le choix du casque obligatoire, plutôt qu'une simple recommandation, traduit la volonté des préfectures de transformer une pratique de sécurité encore minoritaire en norme contraignante. Plusieurs études ont établi que le casque réduit significativement le risque de traumatisme crânien en cas de chute, même à vitesse modérée. Les traumatismes crâniens figurent en effet parmi les blessures les plus graves observées chez les usagers de trottinettes électriques, avec des conséquences parfois irréversibles sur la santé et la qualité de vie des victimes. En imposant le port du casque, les autorités misent sur une mesure simple, peu coûteuse et immédiatement applicable pour limiter la gravité des accidents.

L'obligation faite aux usagers du Nord et du Pas-de-Calais s'inscrit également dans une logique de responsabilisation individuelle et collective. Au-delà de la simple protection du conducteur, le casque permet aussi de réduire le risque de blessures graves en cas de collision avec un piéton, dont les conséquences peuvent être lourdes en fonction de la vitesse et de la configuration de l'espace public. Les défenseurs de cette mesure soulignent qu'elle contribue à changer l'image de la trottinette électrique et à favoriser une cohabitation plus apaisée entre les différents usagers de la voirie.

Des suites attendues dans les prochaines semaines

Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais devront préciser, dans les jours à venir, les modalités concrètes de contrôle et le calendrier éventuel des premières opérations de sensibilisation ou de verbalisation. Des campagnes d'information à destination des usagers sont généralement associées à ce type de mesure, afin de laisser aux utilisateurs le temps de s'équiper avant d'éventuelles sanctions. Ces campagnes peuvent prendre des formes diverses : affichage municipal, messages sur les réseaux sociaux, distributions de casques, partenariats avec les opérateurs de trottinettes en libre-service ou encore interventions ciblées dans les établissements scolaires et les universités.

Plusieurs grandes villes françaises observent avec attention ce genre de dispositif local, dans l'hypothèse d'une généralisation à d'autres territoires où l'accidentalité liée aux trottinettes électriques progresse également. Les retours d'expérience du Nord et du Pas-de-Calais pourraient servir de référence pour de futures décisions similaires. Les services déconcentrés de l'État, les élus locaux et les acteurs de la sécurité routière analyseront avec intérêt l'évolution du nombre d'accidents et de blessés dans les mois qui suivront l'entrée en vigueur de l'obligation, afin d'en mesurer l'efficacité réelle et d'ajuster, le cas échéant, les dispositifs de contrôle.

Pour les usagers, la mesure se traduit dès ce 1er septembre par une obligation concrète : disposer d'un casque homologué avant de prendre la route. À défaut, les contrevenants s'exposent à des sanctions dont le montant reste à confirmer par les autorités, selon les informations disponibles à ce stade. Les utilisateurs sont invités à vérifier que leur casque respecte les normes en vigueur et qu'il est correctement attaché, un casque mal ajusté perdant une partie significative de son efficacité protectrice. Les commerçants et les opérateurs de trottinettes en libre-service pourraient également être sollicités pour accompagner la mise en œuvre de cette nouvelle obligation, en proposant des équipements adaptés à tous les budgets.

Au-delà de l'aspect strictement réglementaire, cette mesure pose plus largement la question de la place des trottinettes électriques dans la mobilité quotidienne et de leur cohabitation avec les autres modes de déplacement. Les autorités devront veiller à articuler cette obligation avec les autres règles encadrant les EDPM, afin de garantir une lecture cohérente du cadre légal par l'ensemble des usagers et des forces de l'ordre chargées de veiller à son application. Les semaines à venir permettront d'observer si cette nouvelle contrainte contribue effectivement à faire reculer le nombre d'accidents graves dans le Nord et le Pas-de-Calais, ou si des mesures complémentaires devront être envisagées pour renforcer la sécurité de l'ensemble des usagers de la voirie.

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