Des centaines de salles de jeux d'adultes en Angleterre bénéficient d'une réduction de taxes locales grâce à une licence de bingo. Le budget du chancelier John Healey augmente la taxe sur les machines à sous et envisage de fermer la faille qui permet ce dispositif, ce qui pourrait bouleverser le modèle économique de ces établissements.
Le gouvernement britannique envisage de mettre fin à une lacune juridique qui permet à des centaines de centres de jeux d'adultes de conserver une réduction de leurs taxes locales en se faisant passer pour des salles de bingo, alors que le budget a augmenté la taxe sur les recettes des machines à sous.
Le dispositif de réduction des taxes locales pour les salles de bingo
En Angleterre, les établissements qui détiennent une licence de bingo peuvent bénéficier d'une remise substantielle sur les « business rates », les taxes locales qui pèsent sur les locaux commerciaux. Cette mesure a été instaurée pour soutenir les petites entreprises du secteur du divertissement, en reconnaissant le caractère communautaire et culturel du bingo. Les réductions accordées varient selon la taille de l’établissement et la localisation, mais elles constituent un allègement budgétaire non négligeable pour les exploitants.
Selon les sources, de nombreux centres de jeux d’adultes – souvent appelés « slot farms » – ont exploité cette disposition en obtenant une licence de bingo sans organiser réellement d’activités de bingo. En se présentant comme des salles de bingo, ils continuent de bénéficier de la remise sur les business rates, même si la majeure partie de leurs revenus provient de machines à sous. Cette pratique a permis à des dizaines, voire des centaines, d’établissements de réduire leurs coûts fixes et de maintenir leur rentabilité sur des rues commerçantes en difficulté.
Le montant exact de la remise accordée reste non publié, mais les économistes estiment que le dispositif représente une aide financière importante pour les exploitants concernés. L’impact fiscal global de cette exemption se traduit par une perte de recettes pour les collectivités locales, qui voient leurs budgets diminuer alors que les dépenses liées aux services publics augmentent. Selon les sources, la question de la légitimité de ce dispositif a déjà fait l’objet de débats au sein du parlement britannique.
Le ciblage des centres de jeux d'adultes dans le budget du chancelier
Dans le cadre du premier budget présenté par le chancelier John Healey cette semaine, le taux de prélèvement sur les recettes des machines à sous a été relevé de 20 % à 25 %. Cette hausse vise, selon le chancelier, à « raising taxes on gambling to support good growth on every high street », une formule qui souligne l’intention de financer la revitalisation des rues commerçantes grâce aux recettes du jeu. Le dispositif s’inscrit dans une logique plus large de lutte contre les pratiques de jeu jugées excessives et de redistribution des ressources fiscales.
Healey a explicitement désigné les centres de jeux d’adultes comme une cible prioritaire, arguant que leur modèle économique, largement fondé sur les machines à sous, profite indûment d’avantages fiscaux réservés aux activités de bingo. En augmentant la taxe sur les gains des machines, le gouvernement cherche à réduire l’écart entre les établissements qui respectent les règles et ceux qui exploitent des failles. Le chancelier a indiqué que ces mesures contribueraient à créer « good growth » sur chaque haute rue, en réorientant les revenus vers des projets d’aménagement urbain et de soutien aux commerces de proximité.
Le budget a également mentionné la possibilité de réviser la législation encadrant les licences de bingo afin de fermer la porte aux exploitants qui n’organisent pas réellement de parties de bingo. Cette intention de réforme, bien que présentée comme une réponse aux inégalités fiscales, suscite des interrogations quant à son calendrier et à son champ d’application. Information non confirmée à ce stade sur la date exacte de mise en œuvre de la modification législative.
Les représentants du secteur du jeu ont exprimé leurs réserves face à la perspective de perdre la remise sur les business rates. Selon les sources, plusieurs associations professionnelles ont souligné que la suppression de la réduction pourrait entraîner la fermeture de nombreux établissements, avec des conséquences sociales et économiques pour les employés et les quartiers concernés. Elles demandent au gouvernement de proposer des mesures d’accompagnement, telles que des aides transitoires ou des incitations à diversifier les activités proposées dans les locaux concernés.
Du côté des collectivités locales, les autorités municipales accueillent favorablement la perspective de récupérer des recettes fiscales supplémentaires. Elles estiment que les fonds ainsi libérés pourraient être réinvestis dans des projets de revitalisation des centres-villes, notamment le soutien aux commerces de proximité, la rénovation des espaces publics et le financement de programmes sociaux. Toutefois, elles reconnaissent que la transition devra être gérée avec prudence pour éviter des pertes d’emploi massives dans le secteur du jeu.
En définitive, la décision du gouvernement de réviser la législation sur les licences de bingo représente un tournant dans la politique fiscale du jeu au Royaume-Uni. Si la fermeture de la faille conduit à une redistribution des recettes fiscales vers les collectivités locales, elle pourrait également accélérer la consolidation du marché du jeu, poussant les exploitants à se conformer à des normes plus strictes. Le suivi de cette réforme sera crucial pour mesurer son impact réel sur les rues commerçantes, les emplois du secteur et les recettes publiques, dans un contexte où la lutte contre les excès du jeu reste une priorité politique.
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