ActuFrance24
news

Delphine Horvilleur publie "Sermons sous les décombres" : analyse de son évolution de pensée après le 7 octobre

Trois ans après les attentats du 7 octobre, la rabbine française Delphine Horvilleur sort "Sermons sous les décombres", un recueil qui interroge la transformation de sa pensée face à la guerre à Gaza. L’ouvrage, présenté dans Libération, ouvre un débat sur le rôle des voix religieuses dans le conflit israélo‑palestinien.

TG
journalist·lundi 28 septembre 2026 à 06:205 min
Partager :Twitter/XFacebookWhatsApp
Delphine Horvilleur publie "Sermons sous les décombres" : analyse de son évolution de pensée après le 7 octobre

La nouvelle œuvre de la rabbine française Delphine Horvilleur, «Sermons sous les décombres», propose une réflexion profonde sur l’évolution de sa pensée depuis les attentats du 7 octobre et la guerre en cours à Gaza, offrant une lecture critique du conflit et de ses répercussions sur la communauté juive et la société française.

Le processus de transformation de la pensée de Delphine Horvilleur

Dans ce recueil, publié trois ans après le 7 octobre, la rabbine décrit comment le choc initial des attaques a déclenché une remise en question de ses convictions théologiques et politiques. Elle raconte que, dès les premiers jours du conflit, les images de destruction à Gaza ont envahi ses sermons, la poussant à interroger la légitimité d’un soutien inconditionnel aux actions du gouvernement Nétanyahou. Selon les sources, l’auteur s’appuie sur des textes bibliques, des références à la tradition juive et des témoignages de survivants pour articuler une critique nuancée de la violence et de l’occupation.

Horvilleur souligne également que la distance géographique entre la France et le Moyen‑Orient a influencé sa manière de percevoir les événements. En tant que figure religieuse française, elle a dû concilier la solidarité avec le peuple israélien et la responsabilité morale envers les civils palestiniens. Cette dualité se reflète dans les titres des sermons, qui oscillent entre appels à la paix, rappel de la mémoire de l’Holocauste et dénonciation des pertes humaines à Gaza. Le livre se veut ainsi un espace de dialogue où la foi ne se ferme pas, mais s’ouvre aux questions douloureuses soulevées par la guerre.

Enfin, la publication s’inscrit dans une tradition de réflexion post‑crise parmi les intellectuels juifs francophones. Delphine Horvilleur rejoint des voix comme Michel Abitbol ou Esther Benbassa, qui, après des épisodes de violence, ont cherché à réévaluer le lien entre identité juive et politique israélienne. Son ouvrage, présenté dans le quotidien Libération le 27 septembre 2026, marque un tournant personnel et collectif, invitant les lecteurs à envisager une spiritualité engagée, capable de résister à la tentation du silence face à l’injustice.

Implications pour le débat public français et israélien

L’émergence de "Sermons sous les décombres" intervient à un moment où le débat public français est fortement polarisé autour du conflit israélo‑palestinien. Les organisations de la société civile, les partis politiques et les médias scrutent chaque prise de position des personnalités religieuses. Selon les sources, la sortie du livre a suscité des réactions contrastées : certains leaders communautaires le saluent comme un appel à la responsabilité morale, tandis que d’autres le critiquent pour ce qu’ils perçoivent comme une remise en cause du droit à la légitime défense d’Israël.

Sur le plan politique, le texte de Horvilleur pourrait influencer les discussions au sein du Parlement français, où la question du financement de l’État d’Israël et du soutien aux droits humains à Gaza fait régulièrement l’objet de débats. Des députés de la majorité et de l’opposition ont indiqué qu’ils allaient examiner le contenu du recueil pour mieux comprendre les sensibilités religieuses françaises face à la guerre. Cette démarche s’inscrit dans la tradition française de la laïcité, qui cherche à intégrer les voix confessionnelles sans les laisser dominer les décisions publiques.

Dans le contexte israélien, le livre arrive alors que le gouvernement Nétanyahou poursuit une politique militaire intensive à Gaza. Les analystes israéliens, cités dans Libération, estiment que les critiques venues de la diaspora, notamment de la France, peuvent exercer une pression diplomatique supplémentaire. La position de Horvilleur, qui ne se limite pas à un simple rejet de la violence mais propose une réflexion théologique, pourrait encourager d’autres leaders religieux à exprimer des réserves, ouvrant ainsi un espace de débat plus large au sein de la communauté juive mondiale.

Perspectives d’avenir pour le dialogue interreligieux

En proposant une lecture introspective du conflit, "Sermons sous les décombres" ouvre la voie à de nouvelles formes de dialogue interreligieux entre juifs, chrétiens et musulmans en France. Selon les sources, plusieurs organisations interconfessionnelles ont déjà annoncé qu’elles organiseront des tables‑rondes autour du livre, afin d’explorer les thèmes de la culpabilité collective, du pardon et de la reconstruction. Ces rencontres visent à dépasser les clivages traditionnels en mettant en avant des expériences partagées de perte et de résilience.

Le projet de Horvilleur pourrait également inspirer des initiatives éducatives dans les écoles françaises, où les enseignants cherchent à aborder le conflit au Moyen‑Orient de manière équilibrée. En intégrant des extraits du recueil dans des programmes de philosophie ou d’histoire, les éducateurs espèrent encourager les jeunes à développer un sens critique et une empathie transculturelle. Cette approche s’inscrit dans la volonté du ministère de l’Éducation nationale de renforcer la compréhension des enjeux internationaux tout en respectant le principe de laïcité.

Enfin, le livre laisse entrevoir la possibilité d’un rôle plus actif des leaders religieux dans les processus de paix. En articulant une critique constructive, Horvilleur montre que la foi peut être un vecteur de réconciliation plutôt qu’un instrument de division. Si les acteurs politiques et religieux parviennent à s’appuyer sur cette dynamique, le dialogue interreligieux pourrait contribuer à des initiatives de reconstruction à Gaza, à la promotion des droits humains et à la prévention de nouvelles escalades. Le futur du débat, selon les observateurs, dépendra de la capacité des voix comme celle de la rabbine à transformer le deuil en action concrète.

Cet article vous a-t-il été utile ?

Commentaires

Connectez-vous pour laisser un commentaire

Newsletter gratuite

L'actualité mondiale directement\ndans ta boîte mail

France, Europe, USA, Asie — toute l'actualité en continu, chaque matin.

LB
OM
SR
FR

+4 200 supporters déjà abonnés · Gratuit · 0 spam