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Fibre Excellence à Tarascon : la préfecture exige le redémarrage d'urgence des installations chimiques

La préfecture des Bouches-du-Rhône demande au liquidateur judiciaire de relancer immédiatement les installations électriques de l'usine Fibre Excellence à Tarascon. Cette décision vise à éviter des déversements de substances chimiques dangereux pour la population et l'environnement.

CM
journalist·jeudi 3 septembre 2026 à 19:228 min
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Fibre Excellence à Tarascon : la préfecture exige le redémarrage d'urgence des installations chimiques

La préfecture des Bouches-du-Rhône a sommé, mercredi 3 septembre, le liquidateur judiciaire de l'usine Fibre Excellence de Tarascon de prendre « immédiatement » des mesures d'urgence pour garantir la sécurité du site industriel. Selon BFMTV, la mise à l'arrêt de certaines installations électriques, consécutive à la liquidation judiciaire de l'entreprise, menace de provoquer des déversements de substances chimiques dans l'environnement proche de l'usine.

Dans un courrier officiel adressé au liquidateur, les services de l'État exigent le redémarrage des équipements essentiels au fonctionnement sécurisé des installations. La préfecture rappelle que l'absence de maintenance et de surveillance des cuves et circuits chimiques constitue un risque sanitaire et environnemental majeur pour la commune de Tarascon et ses environs.

Un risque chimique identifié après l'arrêt des installations électriques

Les salariés de Fibre Excellence avaient alerté dès le mois de juillet sur les dangers potentiels liés à la fermeture partielle du site. Selon les informations relayées par BFMTV, la coupure de l'alimentation électrique de certains équipements provoque des dysfonctionnements dans les systèmes de pompage et de régulation thermique des cuves contenant des produits chimiques utilisés dans le processus de fabrication de pâte à papier.

Sans alimentation électrique continue, les dispositifs de sécurité censés maintenir les substances à des températures contrôlées ou assurer leur circulation dans les circuits fermés peuvent cesser de fonctionner. Les employés craignent des fuites, des débordements ou des réactions chimiques incontrôlées si la situation perdure. La préfecture évoque une sécurité du site qui « n'est plus assurée », justifiant ainsi le caractère urgent de l'injonction adressée au liquidateur.

L'usine Fibre Excellence de Tarascon, spécialisée dans la production de pâte à papier, employait plusieurs centaines de salariés avant l'annonce de sa liquidation judiciaire. Le blocage du site par les employés, observé fin juillet 2026, avait illustré l'inquiétude croissante des travailleurs face à l'avenir du site et aux conditions de sécurité dégradées.

La liquidation judiciaire au cœur des préoccupations sécuritaires

La liquidation judiciaire d'une entreprise industrielle ne signifie pas automatiquement l'abandon complet des installations sur le site. En droit français, le liquidateur judiciaire est tenu de garantir la sécurité des biens et des personnes jusqu'à la cession ou la démolition éventuelle des équipements. Cette obligation inclut la maintenance des installations contenant des substances dangereuses, même en l'absence d'activité productive.

La préfecture des Bouches-du-Rhône, en tant qu'autorité représentant l'État dans le département, dispose de pouvoirs étendus pour intervenir en cas de menace pour l'ordre public, la sécurité civile ou l'environnement. L'injonction faite au liquidateur s'inscrit dans ce cadre réglementaire strict. Si le liquidateur ne se conforme pas à cette demande, la préfecture peut se substituer à lui pour réaliser les travaux d'urgence, aux frais de la procédure collective.

Le cas de Fibre Excellence illustre une problématique récurrente dans les friches industrielles françaises : la gestion post-liquidation des sites polluants ou potentiellement dangereux. Plusieurs incidents survenus ces dernières années dans d'anciennes usines chimiques ou sidérurgiques ont mis en lumière les lacunes dans la transmission des obligations de sécurité entre les entreprises défaillantes et les nouveaux propriétaires ou les collectivités locales.

Les suites attendues et les préoccupations des salariés

Les salariés de Fibre Excellence, qui avaient bloqué l'entrée de l'usine le 29 juillet 2026 pour protester contre la liquidation judiciaire, suivent avec attention les décisions prises par la préfecture. Ils redoutent que les perturbations électriques n'entraînent une contamination des sols ou des nappes phréatiques, avec des conséquences durables sur l'environnement et la santé publique dans la région de Tarascon.

La préfecture n'a pas précisé, à ce stade, le délai de réponse accordé au liquidateur judiciaire ni les sanctions encourues en cas de non-exécution. Les services de l'État se bornent à exiger une intervention « immédiate » pour rétablir un niveau de sécurité acceptable sur le site. Le liquidateur judiciaire dispose désormais de quelques heures à quelques jours pour réagir et ordonner les opérations de maintenance nécessaires.

Cette affaire rappelle la vulnérabilité des installations industrielles laissées sans activité économique mais contenant encore des matières potentiellement dangereuses. Elle soulève également la question de la responsabilité partagée entre les créanciers, le liquidateur, les propriétaires des terrains et les autorités publiques dans la sécurisation de ces sites. Les habitants de Tarascon et des communes voisines attendent désormais des garanties concrètes sur l'absence de risque chimique à proximité de l'ancienne usine de pâte à papier.

Un contexte industriel et économique tendu dans la région

L'annonce de cette mise en demeure préfectorale intervient dans un contexte économique particulièrement difficile pour le secteur de la pâte à papier en Europe, soumis à une concurrence internationale accrue et à une demande fluctuante. Le site de Tarascon, implanté dans une zone historiquement vouée à l'activité industrielle, représente un poids économique significatif pour le bassin d'emploi local, au-delà du seul emploi direct qu'il procure.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur concentre plusieurs installations industrielles sensibles, héritées de décennies d'activité manufacturière. La gestion de la transition écologique et économique de ces sites constitue un défi majeur pour les pouvoirs publics, confrontés à la nécessité de concilier la préservation de l'emploi, la protection de l'environnement et la maîtrise des risques industriels. Le dossier Fibre Excellence s'inscrit pleinement dans cette équation complexe.

La municipalité de Tarascon, directement concernée par les risques potentiels pesant sur son territoire, se retrouve en première ligne face aux conséquences possibles d'une pollution chimique. Les élus locaux sont régulièrement interpellés par les salariés et les habitants sur l'avenir du site et sur les garanties apportées quant à la sécurité environnementale. La préfecture, en prenant cette initiative, répond également aux inquiétudes croissantes exprimées par les riverains.

Le rôle central du liquidateur judiciaire dans la gestion de crise

Le liquidateur judiciaire désigné dans le cadre de la procédure collective de Fibre Excellence se trouve désormais au centre d'une situation délicate, tiraillé entre les impératifs économiques de la procédure — qui visent à céder les actifs pour désintéresser les créanciers — et les obligations légales de préservation de la sécurité du site. Sa mission consiste à administrer les biens de l'entreprise défaillante dans l'intérêt des créanciers, mais également à veiller au respect des réglementations environnementales et de sécurité.

La désignation du liquidateur intervient généralement après un jugement du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire compétent. Une fois nommé, ce professionnel — souvent un mandataire judiciaire inscrit sur une liste officielle — dispose de prérogatives étendues pour gérer l'actif et le passif de l'entreprise, mais il doit également se conformer aux prescriptions des autorités administratives, notamment en matière de sécurité industrielle.

Dans le cas présent, l'injonction préfectorale crée une obligation impérative à laquelle le liquidateur ne peut se soustraire sans s'exposer à des poursuites. Le non-respect d'une telle mise en demeure pourrait engager sa responsabilité civile, voire pénale, en cas de dommage constaté sur l'environnement ou sur des personnes. Cette pression juridique constitue un levier important pour garantir la mise en œuvre rapide des mesures correctives exigées.

Les précédents et les leçons d'autres dossiers similaires

Plusieurs affaires récentes ont illustré les difficultés rencontrées par les pouvoirs publics face à des sites industriels en liquidation ou à l'abandon. Ces précédents démontrent l'importance d'une intervention précoce des autorités pour éviter des sinistres environnementaux aux conséquences parfois irréversibles. La réactivité de la préfecture des Bouches-du-Rhône, en adressant ce courrier « immédiatement », témoigne d'une prise de conscience de ces risques.

L'expérience montre également que la phase transitoire entre la cessation d'activité et la reprise éventuelle d'un site par un nouvel opérateur constitue une période particulièrement vulnérable. Les équipements industriels, conçus pour fonctionner en continu, supportent mal les interruptions prolongées de leur alimentation énergétique. Les phénomènes de corrosion, de sédimentation ou de dégradation des systèmes de contrôle peuvent survenir rapidement, compromettant la sécurité des installations.

Vers une vigilance renforcée sur les sites industriels en difficulté

L'épisode de Fibre Excellence à Tarascon pourrait inciter les services de l'État à renforcer leur surveillance des sites industriels en procédure collective. Une coordination plus étroite entre les tribunaux de commerce, les préfectures, les directions régionales de l'environnement (DREAL) et les municipalités permettrait d'anticiper les risques liés aux cessations d'activité brutales.

Aucun bilan officiel des éventuelles dégradations environnementales constatées à ce stade sur le site de Tarascon n'a été communiqué par les autorités. La nature précise des substances chimiques présentes dans les cuves et circuits de l'usine, ainsi que les volumes concernés, relèvent d'une information non confirmée à ce stade par les sources officielles relayées par BFMTV. Les habitants et les salariés demeurent donc dans l'attente de précisions supplémentaires sur l'ampleur réelle des risques et sur le calendrier de remise en sécurité du site.

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