Paris annonce renoncer à la projection cartographique de Mercator pour adopter une représentation plus fidèle des superficies. Une décision saluée par l'Union africaine qui réclame depuis plusieurs années cette réforme.
La France a annoncé, vendredi 4 septembre, qu'elle renonçait à la projection cartographique dite « de Mercator » dans ses supports officiels et pédagogiques. Cette décision s'inscrit dans un mouvement plus large porté par l'Union africaine, qui réclame depuis plusieurs années une représentation plus équitable des superficies continentales, en particulier du continent africain. Dans les faits, la place de la France apparaîtra réduite sur les nouveaux planisphères adoptés par les autorités françaises.
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Selon les informations rapportées par Le Monde, cette orientation s'inscrit dans une dynamique diplomatique et scientifique initiée par plusieurs États africains et discutée au sein d'organisations internationales. L'objectif affiché est de proposer une lecture du monde où les proportions entre les territoires — notamment entre l'Afrique, l'Europe et l'Amérique du Sud — correspondent davantage à la réalité géographique, plutôt qu'à une vision héritée de la cartographie du XVIᵉ siècle.
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La projection de Mercator, mise au point par le géographe flamand Gerardus Mercator en 1569, a longtemps été privilégiée pour la navigation maritime en raison de sa capacité à représenter des lignes de cap constantes sous forme de droites. Toutefois, cette projection déforme considérablement les surfaces proches des pôles : le Groenland apparaît ainsi aussi vaste que l'Afrique, alors qu'en réalité le continent africain est quatorze fois plus grand. Les régions équatoriales et tropicales sont, à l'inverse, réduites visuellement par rapport à leur superficie réelle.
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Une projection alternative pour respecter les superficies réelles
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La France envisage désormais de privilégier des projections dites « égalitaires » ou « équivalentes », parmi lesquelles la projection de Gall-Peters est fréquemment citée par les défenseurs d'une cartographie plus juste. Cette dernière conserve la proportion exacte des surfaces au prix d'une déformation des formes, les continents apparaissant légèrement étirés horizontalement ou verticalement selon leur latitude. Cette approche permet de représenter chaque pays à une échelle cohérente avec sa superficie réelle, ce que ne permet pas la projection de Mercator.
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Concrètement, l'adoption de cette nouvelle projection entraînera une modification notable des supports utilisés dans l'enseignement, la diplomatie et la communication publique. Les manuels scolaires, les cartes officielles distribuées par les services de l'État, ainsi que les représentations diffusées par les institutions françaises seront progressivement mis à jour pour refléter cette nouvelle norme cartographique. Les utilisateurs pourront ainsi percevoir l'Afrique à sa juste dimension, tout comme l'Amérique du Sud, dont la superficie est fréquemment sous-estimée sur les planisphères traditionnels.
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Pour la France métropolitaine, la superficie réelle — environ 643 000 km², incluant la Corse et les autres îles métropolitaines — apparaîtra plus modeste sur les cartes équivalentes. Cette réduction visuelle, purement technique et sans incidence sur le territoire lui-même, marque néanmoins une rupture symbolique avec des siècles de représentation eurocentrée. Les outre-mer français, notamment la Guyane située en Amérique du Sud, seront également redimensionnés visuellement selon leur taille réelle par rapport aux autres nations du globe.
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Une demande portée par l'Union africaine depuis plusieurs années
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L'Union africaine a officiellement demandé, lors de plusieurs sommets, l'abandon progressif de la projection de Mercator dans les communications officielles et dans l'enseignement. Cette revendication s'appuie sur le constat partagé par les géographes : en raison de la projection, le continent africain apparaîtrait aussi vaste que le Groenland, alors qu'il est en réalité quatorze fois plus étendu. Cette distorsion persistait dans de nombreux supports médiatiques et pédagogiques, contribuant selon l'Union Africa à entretenir une perception erronée de l'Afrique et de ses habitants. La décision française répond directement à cette sollicitation, qui avait pris une ampleur particulière ces dernières années dans les négociations diplomatiques multilatérales.
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La France devient ainsi l'un des premiers États européens à officialiser cette transition cartographique à l'échelle nationale. D'autres nations, notamment en Afrique et en Amérique latine, avaient déjà entrepris des démarches similaires, en intégrant des projections alternatives dans leur communication institutionnelle et dans les programmes scolaires. Cette convergence traduit une évolution plus profonde des représentations du monde, où la précision scientifique rejoint des enjeux de dignité et de reconnaissance entre les peuples et les continents.
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Selon les sources, cette réforme s'inscrit dans un mouvement global de réévaluation des standards cartographiques hérités de la période coloniale. La projection de Mercator, conçue à une période où l'Europe dominait les échanges maritimes mondiaux, avait été pensée pour faciliter les déplacements en mer plus que pour représenter fidèlement les continents. Avec l'évolution des techniques de mesure et la décentralisation des savoirs géographiques, plusieurs voix ont appelé à une refonte des représentations dominantes. La France, par cette décision, contribue à inscrire cette révision dans le champ de la diplomatie culturelle et éducative.
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Des implications concrètes pour l'éducation et la diplomatie française
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L'adoption de cette nouvelle projection aura des incidences directes sur les supports pédagogiques utilisés dans les écoles et les institutions françaises. Les éditeurs de cartographie scolaire devront mettre à jour leurs produits pour se conformer aux nouvelles orientations du ministère de l'Éducation nationale. Les cartes murales, les manuels de géographie et les ressources numériques seront progressivement révisés pour intégrer des projections plus équitables. Les enseignants disposeront ainsi d'outils permettant de transmettre une vision du monde plus conforme à la réalité des superficies continentales.
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Sur le plan diplomatique, cette décision renforce la position de la France dans les négociations multilatérales avec les États africains et les organisations panafricaines. En répondant favorablement à une demande émanant du continent africain, Paris envoie un signal fort en matière de coopération et de respect mutuel. Cette démarche pourrait faciliter les échanges sur d'autres sujets liés à la représentation internationale, qu'il s'agisse de la composition des institutions multilatérales ou de la visibilité des langues et cultures africaines dans les espaces publics mondiaux.
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Le passage à une projection plus juste s'accompagnera toutefois d'une période de transition, durant laquelle les deux types de cartes pourront coexister dans les communications officielles. Les ministères concernés devront définir un calendrier précis de déploiement, en concertation avec les professionnels de la cartographie et les institutions éducatives. Cette réforme, au-delà de son aspect technique, participera à une meilleure compréhension des enjeux mondiaux par les citoyens français, en particulier les plus jeunes, familiarisés dès l'école avec une représentation plus fidèle de la planète et de ses continents. Selon les informations disponibles à ce stade, les détails opérationnels de cette transition n'ont pas encore été rendus publics par les autorités françaises.
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